Faciliter le réemploi du mobilier au sein des administrations d’État

Rapport Publié le 26 mai 2026 · Mise à jour le 26 mai 2026

  • Design de service

L’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) et la DITP ont établi un partenariat pédagogique pour proposer des solutions adaptées aux réalités de terrain, fondant leur recherche sur le territoire de la préfecture de l’Essonne.

Photographie du rapport au format parpier avec sa couverture visible

Adoptée en février 2020, la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) impose à l’État d’allouer 20 % de son budget mobilier à des produits issus du réemploi, de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées. Les administrations publiques sont ainsi tenues de repenser leurs pratiques d’achat pour intégrer davantage de mobilier issu du réemploi. Mais cette transition se heurte à des obstacles comme la complexité des procédures, le manque de visibilité sur les filières existantes et les résistances au changement.

Pour répondre à ces défis, la DITP et l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI), accompagnées par la Chaire Innovation Publique (ENSCI, INSP, Sciences Po, l’Ecole Polytechnique), ont initié un partenariat pédagogique inédit en janvier 2023, en collaboration avec le Commissariat général au développement durable (CGDD), la Direction des achats de l’Etat (DAE), la Direction nationale d'interventions domaniales (DNID). Objectif : cartographier les étapes clés du réemploi et proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain.

La préfecture de l’Essonne, avec des locaux en pleine restructuration, a été choisie comme lieu d’expérimentation pour fluidifier les dispositifs de réemploi et favoriser leur adoption par les agents publics.

Fluidifier les dispositifs : vers une filière de réemploi opérationnelle

Pour mener à bien cette étude en Essonne, les designers de l’équipe ont réalisé un état des lieux pour dégager une vision globale. Leur démarche s’est basée sur des rencontres avec les acheteurs et les agents concernés par le déménagement afin de mieux comprendre le vécu et le ressenti, aussi bien lors de ces changements que lors de l’achat ou de la cession de mobilier.

L’expérimentation a mis en lumière les difficultés récurrentes pour s’engager dans un processus de réemploi, comme le manque d’espace de stockage, ainsi que les leviers et les bonnes pratiques favorisant l’économie circulaire. Plusieurs pistes concrètes ont été explorées, notamment la généralisation des différents marchés dédiés au réemploi et un renforcement de la collaboration entre les acteurs locaux.

Acculturer les agents : changer les mentalités pour ancrer le réemploi

Si les obstacles techniques et organisationnels étaient réels, la réussite du réemploi dépendait aussi de l’adhésion des agents concernés. Or, les réticences persistaient, souvent nourries par des idées reçues. À cela s’ajoutait une méconnaissance des bénéfices liés au réemploi, environnementaux ou économiques. Enfin, un attachement au mobilier neuf subsistait, motivé par des habitudes ancrées ou un souci de confort perçu comme supérieur.

Pour lever ces blocages, une stratégie de communication et de sensibilisation a été mise en œuvre. Des ateliers participatifs ont été organisés, avec par exemple la création de bureaux témoins permettant de comparer directement le mobilier neuf, revalorisé et issu du réemploi. Des visites chez des acteurs du réemploi ont complété ce dispositif, offrant une immersion concrète dans les filières existantes.

Ces actions ont permis d’observer une amélioration significative de l’adhésion, notamment grâce à la démonstration concrète des avantages du réemploi. En voyant et en testant eux-mêmes les solutions proposées, les agents ont dépassé leurs préjugés et envisagé le réemploi comme une alternative crédible et désirable.

Faire du réemploi une norme dans la fonction publique

L’expérimentation menée en préfecture de l’Essonne montre que le réemploi du mobilier public est non seulement possible mais aussi bénéfique sur les plans économique, environnemental et social. 
Cette transition ne se décrète pas, elle se construit avec et pour les agents. Leur implication permet mettre concrètement en avant les avantages du réemploi de mobilier et d’en faire une réalité acceptable et désirable.

Découvrez le rapport complet pour comprendre comment cette dynamique collective peut inspirer l’ensemble des administrations.

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