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[#RUA] Le jury citoyen s’est réuni pour la dernière fois
24.02.20

Samedi 22 et dimanche 23 février, les membres du jury citoyen se sont attelés à la rédaction de l’avis citoyen sur le revenu universel d'activité (RUA), remis au délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, Vincent Reymond. Qu’ont pensé ces citoyens de ce dispositif ? C’est la question qu’on leur a posée.

Certains étaient méfiants en arrivant lors du premier weekend. "On ne veut pas être instrumentalisés et servir de caution morale à une réforme", avaient-ils avertis. Ils ont été rassurés par Laurence Monnoyer-Smith, conseillère environnement et climat du Président du CNES, ancienne vice-présidente de la Commission nationale du débat public et ancienne Commissaire générale au développement durable, garante du dispositif : "Quelque part, vous entrez dans un dispositif qui va assurer que la réflexion dans la prise de décision a une dimension démocratique. On ne vous demande pas de cautionner la proposition, mais de vous prononcer sur les conditions. Le jury citoyen tire sa légitimité de ce qu’il apporte. Vous êtes très différents mais surtout vous allez discuter entre vous. Vous représentez quelque part la diversité de la population et allez apporter quelque chose de très différent qu’on ne pourrait pas avoir ailleurs."

À la fin de ces 2 weekends, trois membres du jury citoyen ont accepté de revenir sur leur expérience.

NORA
"C’est la première fois qu’on me demande mon avis, sur un sujet qui me concerne, mais qui finalement nous concerne tous. C’était très fatigant, mais très bien fait. On assimile beaucoup de choses, je pense que parfois il aurait fallu qu’on ait plus de temps de réflexion. C’était une construction collective et personnelle, avec des gens qui avaient un rapport différents aux aides sociales. Moi il se trouve que j’ai un handicap, un parcours assez riche et je connais les difficultés d’insertion et les problématiques liées aux différents dispositifs. Ce qui était intéressant c’est qu’on a pu vraiment s’exprimer. La démarche est intéressante : souvent les gens prennent des décisions mais n’écoutent pas ceux qu’en ont à dire les gens qui vont les vivre. Le risque dans les politiques sociales, c’est la vision mathématiques des modèles, qui est dangereuse parce qu’elle se coupe des réalités. Or dans le groupe, il y avait des vécus de gens qui illustrent des situations très complexes. Ce dispositif, c’est un super système qui peut déboucher sur des choses très positives : on a l’impression d’être moins passif sur ce qui nous arrive. Je pense que cette concertation, c’est le marqueur d’une volonté de faire les choses différemment, dans le bon sens du terme.

VINCENT
"En fait je ne savais pas trop à quoi m’attendre en acceptant de participer. Et la 2e question qui a été posée : à quelles conditions le revenu universel d’activité pourrait être étendu au 18-24 ans ?, m’a particulièrement intéressée. Je me suis exprimé souvent, peut-être moins que d’autres, mais en tout cas j’ai eu l’impression à chaque fois que mon opinion était prise en compte. Ça a été vraiment intéressant de découvrir le processus de concertation de prise de décision sur ce sujet. On ne sait pas si notre avis va compter, mais on l’espère. Et dans l’ensemble, je suis satisfait de ce qu’on a produit.
 

STÉPHANE
"J’ai accepté de participer parce que c’est un sujet d’ampleur, qui est de nature à avoir un impact sur la société française. Avoir une chance que mon opinion soit prise en compte avait son importance pour moi. Je me suis toujours exprimé librement, dans le groupe on a confronté nos points de vue. Même si le panel que nous représentions n’était pas exhaustif, puisqu’il n’y avait pas de retraité par exemple. On est un panel de citoyen qui rend un avis, avec les limites que cela comporte. Pour le moment, j’ignore dans quelle mesure cet avis sera pris en compte, on verra ce qu’en fait le gouvernement. Mais j’ai été très agréablement surpris par la rencontre avec les autres membres du jury. Chacun s’est senti très impliqué, aussi bien dans l’apprentissage des informations que dans l’avis à rendre. On a travaillé sérieusement. J’avoue que je n’avais pas conscience du travail que cela nous demandait mais je ne le regrette pas. C’est quelque chose qui me permettra d’élargir ma réflexion sur des sujets connexes et de continuer à suivre l’actualité en connaissance de cause.

 

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