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Quelle innovation publique pour construire "l’après" ?
11.05.20
Quelle innovation publique pour construire "l’après" ?

Le magazine Acteurs publics a posé la question, jeudi 7 mai, lors d’un webinaire. Pour y répondre, quatre acteurs de l’innovation publique : Giulia Reboa - présidente de l’association Fonction publique du XXIe siècle, FP21 ; Benoît Vallauri - responsable du Ti Lab, le laboratoire régional d’innovation publique de Bretagne ; Louise Guillot - cheffe de projets “innovation” à La 27e région et bien sûr Clémence Pène - cheffe de projets “innovation” à la direction interministérielle de la transformation publique.

De nombreuses idées ont été échangées pour capitaliser sur ce temps de crise, pour le monde d'après. La première chose à faire, dans tous les cas, est de collecter les différentes initiatives et innovations, afin de pouvoir les analyser et en tirer les leçons nécessaires, qu'elles soient positives ou négatives. 

"L'après" Clémence Pène, cheffe de projets innovation à la Direction interministérielle de la transformation publique

La DITP a mis toute son expertise en innovation et en transformation pour lutter contre la crise, bien sûr via les cellules de crise (covidom), les sciences comportementales pour les messages d'urgence, et dans la cellule de préparation du déconfinement.

Nous avons aussi mobilisé l'écosystème de l'innovation au service d'un travail de veille (appel à témoignage, enquête, entretiens téléphoniques, groupes de réflexion avec l'écosystème...) pour identifier toutes les solutions innovantes de lutte contre le Covid, mais aussi pour analyser les transformations plus profondes en jeu.

La feuille de route nationale de l’innovation est la suivante : recenser ces nouvelles solutions imaginées sur le terrain, les analyser afin de pouvoir les valoriser et les pousser. Nous avons déjà pu identifier dans toutes les administrations des tendances de transformation et des pratiques qui seront selon toute probabilité durables : transformation numérique accélérée, télétravail, développement de la coopération dans les équipes, évolution de la posture du manager.

De plus, cette crise n’est certainement pas finie, ce qui représente une réelle opportunité pour expérimenter de nouvelles solutions qui nous permettront peut-être d’anticiper un rebond et de prochaines crises à venir. Le rôle clé pour les laboratoires d’innovation et l’Etat sera de permettre l’institutionnalisation de ces solutions.

Il est aussi primordial que les différentes innovations et initiatives puissent être échangées et partagées d’une région à l’autre pour se décliner dans les différents territoires et réseaux d’innovation publique. Dans cette logique, nous avons beaucoup investi dans l’animation de communautés – notamment Futurs Publics – avec plus de 700 agents partout en France !

Comment la DITP prépare le monde d'après ?
- via son implication dans la cellule de déconfinement installée dans nos bureaux
- avec les communautés, en coopérant et en centralisant toutes les bonnes pratiques
- en se concentrant sur l'accueil des usagers (nos experts en sciences comportementales, les équipes Marianne et bien sûr les communautés mobilisées ont commencé à travailler pour imaginer lieux d'accueil du public demain)
- enfin, nous travaillons dur à garantir la pratique de l'intelligence collective dans le public en accompagnant nos partenaires via l'animation et la facilitation à distance, conséquence logique d'un télétravail prolongé
- en travaillant avec toutes les personnes autour de la table : avec Giulia, avec Benoit dans la réserve créative, et Louise et la 27e Région !

En conclusion, je dirais que c’est maintenant que s’ouvre une vraie période d'opportunités pour expérimenter l'innovation publique et travailler à l’après pour qu’il soit vraiment différent. La participation citoyenne est au coeur de la crise que nous vivons : c'est d'ailleurs un des grands chantiers sur lequel la DITP travaille avec l'appel à projets et le centre de la participation citoyenne pour un monde d’après qui ne se décide pas en chambre.

 

Les conclusions pour l'après", dans les territoires

Benoît Vallauri - responsable du Ti Lab, le laboratoire régional d’innovation publique de Bretagne : "L’un des avenirs de l’innovation publique, c’est la coopération sincère, le 2e c’est la participation réelle, des usagers et des habitants qui sont sur nos territoires et la 3e c’est les communs, c’est-à-dire comment tout cela est documenté, comment est-ce qu’on créé de l’open source, du partage de connaissance, du partage d’objets, de pratique, pour obtenir un cadre solide, aussi au niveau juridique. L'objectif de tout cela sera de créer des systèmes inter-opérables dans les territoires, mais aussi des coopérations inter-opérables une échelle nationale, locale et ultra locale."

Louise Guillot - cheffe de projets "innovation" à La 27e région : "le message fort ce serait de prendre les mois qui viennent pour faire ce travail de capitalisation au niveau des territoires et des réseaux des territoires ; et construire avec les directeurs, les élus et les agents de terrain, de manière la plus horizontale possible, puisqu’on peut le faire pendant cette crise et ça a de la valeur, de construire le chemin pour l’après crise, pour un après crise différent."

Giulia Reboa - présidente de l’association Fonction publique du XXIe siècle, FP21: "Sur la crise et l’après, l’idée est le lien de confiance entre l’Etat et le citoyen, qui est un élément clef de la transfo. Il y a certaines choses qui fonctionnent mais d’autres choses qui devront être transformées en profondeur sur la façon dont on rend l’action publique."

 

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