Histoire du CITP Depuis sa création par le Président de la République, en 2018, le CITP a permis d’acter la mise en œuvre de grands projets de transformation pour renforcer nos services publics.... Article Publié le 27 novembre 2024
Label de qualité pour les services publics Le label « Services Publics + » valorise les services publics et les agents les plus engagés pour des services publics plus proches, plus simples et plus efficaces.... Expérience Usagers Article Publié le 12 novembre 2024
France simplification : simplifier les normes et les procédures en partant des attentes du terrain Simplification Actualité Publié le 30 avril 2026
Mise en ligne des cahiers de doléances du grand débat national : lancement de la phase opérationnelle du projet Conformément à la résolution du 11 mars 2025 de l’Assemblée nationale, les cahiers de doléances, rédigés par plus de 200 000 citoyens dans plus de 17 000 communes lors du mouvement des Gilets jaunes et du Grand Débat national qui s’en est suivi, vont entrer dans une nouvelle phase, celle de leur mis... Participation citoyenne Presse Publié le 2 avril 2026
Livre blanc de l’accueil physique dans les services publics Outil Conduite de projet Design de service Qualité de service Publié le 12 novembre 2025
Mieux comprendre l’humain pour décupler l’impact de l’action publique Actualité Publié le 7 mai 2026 Sciences Comportementales Comment s'assurer qu'une politique publique ne reste pas une simple recommandation, mais change vraiment la donne ? Pour Camille Soulé, cheffe de projet en sciences comportementales à la DITP, la réponse se trouve dans la compréhension des déterminants des comportements, qui sont au cœur des politiques publiques. Camille Soulé, cheffe de projet en sciences comportementales à la DITP. Camille, quel a été ton parcours avant de rejoindre la DITP, et pourquoi avoir choisi l'État ? Camille Soulé : Mon parcours a toujours été guidé par une envie : sortir de la théorie pour comprendre et agir sur ce qui fait réellement le succès et l’impact d’une politique publique, dans son déploiement et sa mise en œuvre sur le terrain. C’est pourquoi, après avoir suivi un cursus en sciences politiques, j’ai voulu ajouter une dimension plus opérationnelle à mon approche en l’enrichissant d’un volet comportemental. Par ailleurs, en étudiant les travaux de recherche en psychologie ou en économie comportementale, j’avais le souhait de traduire les résultats de la recherche académique en connaissances tangibles, en outils pratiques et utiles pour l’action publique. En effet, j’ai la conviction que la production scientifique est un levier nécessaire à l’accompagnement de la décision publique : en identifiant les solutions les plus efficaces et les plus proches des besoins des citoyens, mais aussi en tenant compte des marges de manœuvre des administrations permettant de rendre ces solutions réalisables. Rejoindre la DITP, c’était aussi l’opportunité de travailler sur un large champ de politiques publiques (santé, environnement, éducation, etc.). C’était également une chance unique de travailler avec des expertises variées (design, conseil en organisations, écoute usager), avec des possibilités d’hybridation et d’apports mutuels concourant à améliorer les services publics et l’action de l’État. Qu'est-ce qui te passionne dans ton métier au quotidien ? C.S. : C’est la particularité d’explorer des composantes sous investies des politiques publiques. On étudie la manière dont notre environnement, nos motivations, nos perceptions, influent la réussite des dispositifs proposés à nos concitoyens. Par exemple, une mesure peut sembler correctement cadrée sur le plan juridique, mais si elle est trop complexe à comprendre, si elle intervient à un moment inopportun, ou si elle ne prend pas en compte la charge cognitive de l’utilisateur, elle n'aura que peu d’impact. Il est donc essentiel de s’intéresser aux multiples formes de déterminants de nos comportements, notamment ce qui guide nos prises de décisions et plus généralement notre façon de traiter l’information. Ces travaux, nous les faisons principalement pour les administrations qui nous sollicitent. Cela implique d’avoir un rôle d’expert, mais également de médiateur scientifique : capable de traduire, expliquer et permettre une appropriation de ces connaissances et méthodes. Pour y parvenir, il faut développer une connaissance fine de l’écosystème administratif. À cet égard, le fait d’avoir internalisé nos expertises est décisif, car il permet de proposer des solutions les plus pertinentes possibles en partageant une culture et un langage communs avec nos partenaires. Si tu devais nous partager un projet qui illustre cette force de l’expertise interne, lequel serait-il ? C.S. : Je parlerai d’un projet qui ne laisse personne indifférent, celui de Parcoursup. Cette plateforme est un lieu de passage central vers l’enseignement supérieur, qui génère des émotions fortes chez les candidats comme dans leur famille. Les équipes qui gèrent la plateforme en sont conscientes et sont dans une démarche d’amélioration continue depuis plusieurs années. Parcoursup illustre parfaitement pourquoi il est vital de comprendre que nous n'interprétons pas tous les informations de la même manière. Par exemple, nous souhaitions donner plus de visibilité aux élèves sur leurs possibilités d'être admis dans une formation de leur choix. Mais nous avons observé que, parmi les informations déjà présentes sur la plateforme, le « taux d'accès » à une formation n'était pas toujours interprété de la même manière par les élèves. En effet, dans l'étude que nous avons réalisée, les élèves boursiers attendaient de voir un « taux d'accès » plus favorable (43%) que les élèves non boursiers (36%) pour postuler à une formation. Cette interprétation différenciée témoigne d'une forme d'auto-censure que nous devons prendre en compte dans notre manière de présenter l'information sur la plateforme. Si ces facteurs ne sont pas anticipés, on risque de susciter davantage de stress, d’inégalités ou même d’auto-censure. En étudiant la littérature scientifique qui analyse les mécanismes d’auto-censure, de stress ou d’accès à l’enseignement supérieur, nous avons travaillé avec les équipes de Parcoursup pour adapter l'affichage des informations sur la plateforme en tenant compte de ces multiples paramètres. Et même lorsqu’on s’appuie sur des études, on ne peut pas présager du succès d’un dispositif ! Il a été nécessaire de tester la meilleure manière de présenter l’information de manière robuste avec plus de 11 000 élèves de Terminales, pour s’assurer que l’information présentée ne conduisait pas à davantage d’auto-censure par exemple. C’est là un point fondamental de la démarche scientifique : il faut expérimenter et évaluer, avec la plus grande robustesse possible. Deux autres projets permettent d'illustrer l'apport des sciences comportementales dans la mise en œuvre des politiques publiques : sur la lutte contre les manipulations de l’information, ou encore sur le non recours à la déclaration de travailleur handicapé. C’est cette possibilité de partir de la connaissance évaluée pour la transformer en pistes concrètes d’optimisations sur le terrain, pour mes concitoyens, que je pratique au quotidien et dont je suis persuadée qu’elle doit être déployée plus largement au sein de nos administrations. Nos dernières actualités Manipulations de l’information : comment les comprendre et mieux les combattre ? À la demande de VIGINUM, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques é... 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