« Internaliser les compétences, c’est redonner à l’État les moyens d’agir efficacement grâce aux agents »

Actualité Publié le 27 novembre 2025

  • Accompagnement de la transformation publique

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Un an après son lancement, le Campus de la transformation publique s'impose comme un levier majeur de l'internalisation des compétences au sein de l'État.

Soulmaz Alavinia, cheffe du pôle Campus de la transformation à la DITP

Avec près de 80 000 agents formés et une offre qui ne cesse de s'étoffer, le Campus de la transformation publique fête son premier anniversaire. Rencontre avec Soulmaz Alavinia, DITP.

Rappelez-nous la genèse de ce dispositif ?

Soulmaz Alavinia : L'ambition du Campus, mandatée par le Comité interministériel de la transformation publique (CITP), est de développer les compétences des agents pour réduire le recours aux prestataires externes et accompagner la transformation de l'État. Il ne s'agit pas seulement de faire des économies, mais de donner aux agents de nouvelles méthodes de travail au service de leurs projets, pour gagner en impact. Dans un contexte où l'action publique doit s'adapter en permanence, pour s’adapter au besoin des usagers et aux évolutions techniques ce qu'on appelle la « mutabilité » du service public , innover et investir dans les compétences des agents n'est pas une option mais une nécessité stratégique.

Quel bilan tirez-vous de cette première année d'existence ? 

Soulmaz Alavinia : Le bilan dépasse nos objectifs initiaux, ce qui confirme que nous répondons à un besoin réel du terrain. En un an, nous avons formé près de 80 000 agents publics. Notre catalogue de ressources s'étoffe en permanence, il propose aujourd'hui plus de 100 000 jours de formation, 26 formations actives et un catalogue de 150 outils mobilisables immédiatement sur le terrain. 

Ce qui est marquant, c'est la diversité des profils des agents formés : des administrations centrales aux services déconcentrés (préfectures, DDFiP), en passant par le ministère de l'Éducation nationale mais aussi la fonction publique hospitalière ou territoriale. Les formations sur les compétences relationnelles (soft skills) comme la facilitation, la transformation managériale et la lutte contre les incivilités sont les plus plébiscitées. 

Nous avons également réussi à structurer des communautés de pratiques innovantes, passant de 1 300 à 1 900 experts (facilitateurs, designers, coachs, animateurs en codéveloppement) prêts à accompagner les projets de transformation publique sur le territoire. C'est la preuve qu'une culture commune de la transformation est en train de naître.

Vous portez une vision forte, celle de « l'administration apprenante ». Comment cela se traduit-il concrètement ?

Soulmaz Alavinia : L'administration apprenante, c'est passer d'une logique de formation ponctuelle à une dynamique d'apprentissage continu et collectif. C'est créer une organisation où l'on a le droit d'expérimenter et où l'on apprend de ses pairs.

Pour structurer cette démarche, nous lançons un chantier majeur : l’élaboration du référentiel de compétences relatives à la transformation publique. Co-construit avec des agents issus des trois versants de la fonction publique (État, Territoriale, Hospitalière) et nos partenaires (INSP, CNFPT, DGAFP, DIESE, écoles et instituts du service public), ce référentiel établira une stratégie partagée de développement des compétences. Il s'articule autour de cinq catégories clés, allant de la capacité à « se transformer pour transformer l’action publique » à celle d'« inscrire l'usager au cœur de l'action publique ». C'est ce socle qui permettra aux écoles de service public et aux DRH de proposer des parcours de formation accompagnant les agents vers une évolution de leurs pratiques professionnelles, dans un souci de mutabilité. Ce socle permettra aussi aux agents de décider eux-mêmes de monter en compétences, au gré de leurs besoins.

Quelles sont les prochaines étapes pour le Campus en 2026 ?

Soulmaz Alavinia : Cette première année n'était qu'une étape. Notre priorité est maintenant l'ancrage et l'essaimage. Nous allons renforcer nos partenariats, notamment avec le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) pour rendre nos ressources encore plus accessibles aux agents territoriaux.

Côté outillage, nous lançons en ce mois de janvier la mallette du pilotage de projets d'innovation par l'impact. Il s'agit d'un kit méthodologique très attendu pour aider les chefs de projet à piloter non plus par les moyens, mais par les résultats concrets pour les usagers. Enfin, nous allons continuer à enrichir notre offre de formation en 2026 avec notamment :

  • Formation « facilitation » niveau expert
  • Formation en ligne sur le langage clair
  • Formation « accueil dans les services publics » dans la continuité de la production du livre blanc de l’accueil physique également disponible sur le Campus

L'idée est simple : faire du Campus le réflexe numéro un de tout agent qui souhaite des ressources pour transformer l'action publique.

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