Intelligence collective

Facilitation et codéveloppement : mobiliser l’intelligence collective au service de ses projets et de ses pratiques professionnelles.

Les administrations doivent s’adapter rapidement aux nouveaux besoins et attentes des citoyens. Pour les aider dans ces transformations, la DITP mobilise des méthodes innovantes, dont la facilitation et le codéveloppement. Ces approches favorisent la collaboration et la co-construction de solutions, en rendant l’administration plus agile et orientée vers l’usager.

« L’innovation n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Cela génère des économies réelles et, surtout, cela change durablement les façons de travailler. »

Grégoire Tirot, chef du service Innovation (DITP)

La facilitation pour mobiliser l’intelligence collective 


La facilitation repose sur l’animation d’ateliers et de sessions de travail collaboratives permettant de structurer les échanges et de stimuler la créativité des participants. Le rôle du facilitateur est de guider le groupe pour que chacun puisse s’exprimer et contribuer activement au projet. Cette méthode permet de dégager des solutions concrètes et innovantes, en prenant en compte les perspectives de tous les acteurs impliqués.

La DITP organise régulièrement des sessions de formation à la facilitation pour les agents de la fonction publique d’État. Disponibles sur le Campus de la transformation publique, ces formations permettent aux futurs facilitateurs de transformer progressivement la culture et les modes de travail de l’administration.

Chiffre clé

1 600

agents formés à la facilitation depuis 2023

La DITP intervient à plusieurs niveaux en matière de facilitation : 

  • Ateliers de co-construction : ces sessions permettent aux agents publics d’identifier les enjeux, d’explorer les solutions possibles et de prendre des décisions partagées. La co-construction avec l’ensemble des parties prenantes garantit que les solutions mises en œuvre sont alignées sur les besoins des usagers et adaptées aux réalités de terrain.
  • Séminaires de mobilisation collective : la DITP organise des séminaires pour mobiliser les équipes et fédérer les acteurs autour d’un projet commun. Ces événements renforcent la cohésion et l’adhésion des participants, créant un climat propice à la coopération et au changement.
  • Sessions de retour d’expérience : la facilitation permet également de structurer les moments de bilan et de partage d’expérience, favorisant l’amélioration continue et l’adaptation des projets aux évolutions des besoins.

Exemples d'accompagnements par la facilitation :

La protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) est engagée dans une réforme d’ampleur du placement pénal. Elle se traduit, à compter du 1er septembre 2026, par la transformation des centres éducatifs fermés (CEF) et des unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC) en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE). Cette réforme vise à insuffler une nouvelle dynamique à la mission de placement judiciaire en matière pénale et à renforcer la cohérence ainsi que la lisibilité de l’offre de placement.

Dans ce contexte de réorganisation d’ampleur, la DITP a été sollicitée pour accompagner la transformation de la PJJ autour de deux axes complémentaires :

  • La formation des agents à la facilitation afin de leur donner les clés pour piloter le changement au quotidien. Cet axe vise à outiller les professionnels sur les postures et les méthodes de la facilitation : animation de réunions, co-construction de solutions avec les équipes, et conduite de démarches participatives. Cette formation pourra également leur être utile pour le pilotage de projets internes, ainsi que, pour les cadres, dans l’animation et le pilotage de leurs équipes.
  • L’outillage des équipes dans la définition des projets de service des nouvelles UJPE, à travers un accompagnement méthodologique déployé lors d’un tour de France des neuf directions interrégionales de la PJJ.

Cet appui vise à soutenir les professionnels dans la mise en œuvre concrète du nouveau modèle de placement, en renforçant leur capacité à accompagner la transformation et à concevoir des projets de service adaptés aux enjeux éducatifs et judiciaires de la réforme.

La DITP a été sollicitée dans le cadre des travaux lancés par le président de la République en janvier 2024 sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans. Plus de 80 jeunes collégiens ont ainsi été consultés et ont réagi aux premières pistes de solutions éditées par la commission. Trois classes de deux collèges différents se sont réunies pour un atelier d’une journée, structuré en plusieurs temps pour permettre l’expression des jeunes sur leur rapport aux écrans, leurs usages et leurs impacts, les évolutions possibles de ces usages. Des propositions ont été formulées par la Commission et remises au président de la République le 31 avril 2024, incluant la limitation des écrans avant 3 ans, la limitation du téléphone avant 11 ans et la limitation des réseaux sociaux avant 15 ans.

Consultez le rapport de la Commission Jeunes et Écrans 

L’équipe de la DITP a été sollicitée par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Provence-Alpes-Côte d’Azur pour sécuriser le portage institutionnel des projets et faciliter la coopération entre les acteurs. La DITP est intervenue notamment sur deux dispositifs :

  • Le dispositif de participation citoyenne « Réponses », qui proposait aux habitants du territoire de s’exprimer et de travailler collectivement à des solutions concrètes pour améliorer la qualité de l’air ;
  • L’installation du laboratoire Territoire & Industrie Fos-Berre, véritable catalyseur d’une coalition d’acteurs. 

La DITP a contribué aux travaux de cartographie des enjeux des différentes parties prenantes. Elle est également intervenue aussi sur la consolidation de l’offre de services du laboratoire. Enfin, elle a travaillé sur la capitalisation des connaissances produites dans une logique de réplicabilité potentielle sur d’autres territoires. 

  • Bénéfices pour les agents associés à la démarche : renouvellement des modalités de travail et de coopération, montée en compétences (acquisition de nouveaux outils et méthodes) ;
  • Bénéfices pour les usagers associés à la démarche : participation à la co-construction et à la co-production de l’action publique.

Le codéveloppement pour apprendre et progresser ensemble

Le codéveloppement est une approche qui consiste à réunir des groupes d’agents publics pour échanger sur leurs pratiques, partager leurs expertises et trouver des solutions ensemble. En mettant en commun leurs expériences, les participants bénéficient de l’intelligence collective pour résoudre des problématiques concrètes et améliorer leurs pratiques professionnelles. Cette méthode de codéveloppement, particulièrement efficace pour répondre aux enjeux de transformation publique, est déployée pour encourager l’entraide et le partage d’expérience entre les administrations. Elle offre aux participants :

  • Un espace d’écoute et de soutien : chaque membre du groupe expose ses défis et bénéficie des conseils de ses pairs. Cela permet de créer une culture d’entraide et d’apprentissage mutuel.
  • Une démarche structurée de résolution de problèmes : les sessions de codéveloppement suivent un cadre précis, qui permet de clarifier les problématiques, de questionner les hypothèses, et de faire émerger des solutions pertinentes.
  • Le développement des compétences : le codéveloppement est également un outil puissant pour renforcer les compétences des agents publics. En partageant leurs connaissances et leurs savoir-faire, ils enrichissent leur expertise et se dotent de nouvelles compétences utiles pour leurs missions.

Pour répondre aux enjeux de transformation publique, la DITP propose des formations au codéveloppement sur le Campus de la transformation publique pour les agents de la fonction publique d’État.

Chiffre clé

850

agents formés au codéveloppement depuis 2023

Codéveloppement interview vidéo de Christine Gruber Colin

Codéveloppement interview vidéo de Christine Gruber Colin

La DITP a choisi le codéveloppement comme l'un des véhicules de la transformation publique. Elle anime une communauté aujourd'hui riche de 200 codéveloppeurs. Cette communauté est appelée à grandir dans les prochains mois grâce à des capacités de formation qui vont être démultipliées sur l'ensemble du territoire national. L’essaimage du codéveloppement se réalise via la formation d'animateur de codéveloppement mais aussi par la formation de formateurs internes. Ceci va permettre d'internaliser des compétences qui sont très précieuses pour l'administration qui sont des compétences du référentiel psychosocial, ce qu'on appelle les soft skills. Et aujourd'hui même d'ailleurs dans un certain nombre de programmes interministériels d'accompagnement de la transformation publique nous avons du codéveloppement ce qui permet de transformer la culture managériale.

En osant recourir au codéveloppement, dès lors que le cadre de référence est à ouvrir et que les capacités relationnelles sont à développer et n'oublions pas par ailleurs que le codéveloppement est un véhicule apprenant donc il est tout à fait naturel de vouloir l'intégrer dans les parcours de formation des agents publics pour pouvoir ancrer de nouvelles postures managériales attendues.

Le facteur humain est fondamental pour optimiser l’impact des projets de transformation dans la durée. Les équipes de la DITP proposent une offre spécifique d’accompagnement des administrations sous différents formats : 

  • Pilotage du réseau des animateurs interministériels de codéveloppement ;
  • Animation de groupes de codéveloppement en présentiel ou distanciel ;
  • Conception et animation de programmes et de formations sur le codéveloppement.

Exemple d’accompagnement par le codéveloppement :

En 2025, la DITP a accompagné l’école académique de la formation continue (EAFC) rattachée à l’académie de Versailles pour opérer une rupture dans ses méthodes de formation des cadres en adoptant le codéveloppement. L’objectif est de proposer une méthode plus horizontale et collaborative que les méthodes traditionnelles tout en étant plus proche des situations vécues par les cadres en formation. Ainsi, la DITP et les formateurs au codéveloppement de la communauté interministérielle ont formé 64 chefs d’établissement référents à l’animation de groupes de codéveloppement. Résultat : la méthode de codéveloppement est devenue un prérequis dans les appels à candidatures de l’académie.

La DITP a conçu un programme de codéveloppement pour les 150 directeurs de projet des politiques prioritaires du Gouvernement. Des groupes pérennes, de huit personnes, ont été constitués pour favoriser la complémentarité des visions et la richesse des solutions apportées aux participants. Les groupes se réunissent à la demande de l’un des directeurs de projet et en cohérence avec le rythme des projets. Ces réunions sont animées par le réseau des animateurs interministériels de codéveloppement, soit 130 agents, pilotés par la DITP. Les projets et les préoccupations abordés lors de ces sessions concernent de multiples enjeux comme le management d’équipe, les interactions et les relations humaines, la conduite du changement, la communication, la posture et l’efficacité personnelle..., etc. L’objectif : mobiliser les ressources du groupe pour identifier des solutions concrètes aux problématiques partagées par les participants.

Bénéfices pour les usagers : disposer d’un espace d’échange et du soutien régulier du groupe des directeurs de projet pour avancer efficacement dans la mise en œuvre des politiques prioritaires du Gouvernement.

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