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Réseau interministériel de l’État : une coconstruction réussie
10.02.15
Réseau interministériel de l'Etat

Jeudi 27 janvier 2015, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification, inaugurait le réseau interministériel de l’Etat (RIE). Raccordant d’ici à 2017 l’ensemble des sites ministériels, il est le socle du système d’information de l’Etat. Aujourd’hui, son succès est riche d’enseignement pour conduire les opérations interministérielles de modernisation du système d’information.

La collaboration interministérielle, l’agilité du déploiement, la mutualisation avec des infrastructures existantes : voilà les 3 ingrédients essentiels qui font la réussite du réseau interministériel de l’Etat (RIE). Progressivement, le RIE remplace la quinzaine de réseaux ministériels existants sur tout le territoire, jusqu’ici distincts – soit 17 000 sites d’ici à 2017. D’ores et déjà opérationnel sur près de 4 000 sites, il offre une sécurité et un débit renforcés, un support pour les échanges de données entre ministères, mais aussi de nouveaux services sur le terrain (comme la prise en main à distance).
 

Une collaboration interministérielle

Inauguration du RIE« La fluidité et la coordination interministérielle ont été le moteur de ce projet qui s’appuie par ailleurs sur des compétences décentralisées dans les différents ministères », a synthétisé Thierry Mandon (photo, à droite), secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification, lors de l’inauguration officielle du RIE, le 27 janvier 2015. L’aspect interministériel et multiculturel est en effet présent au sein même de la structure en charge du RIE, avec une équipe issue de neuf ministères. Pour Hélène Brisset (photo, à gauche), cheffe du service à compétence nationale (SCN) Réseau interministériel de l’Etat, la diversité des  compétences réunies s’est révélée essentielle : « ce projet majeur de transformation a certes engagé des ingénieurs et des techniciens, mais également des juristes, des spécialistes des marchés et des budgets ». Sans parler du mélange des cultures entre les équipes du RIE, imprégnées par les enjeux régaliens, et celles de Renater, le réseau utilisé par le monde de la recherche, sur lequel s’appuie le RIE.
 

Une montée en puissance graduelle

Inscrite dans les gènes du RIE, la fluidité évoquée par Thierry Mandon se traduit par des déploiements progressifs et modulaires. Loin d’une approche en « big bang » à marche forcée, le basculement des premiers sites s’est fait pas à pas, en capitalisant sur les bonnes pratiques existantes, notamment le réseau partagé dès 2008 entre les ministères en charge de l’Agriculture et de l’Ecologie. Cette montée en puissance graduelle a abouti aujourd’hui à une phase industrielle de déploiement, avec 200 sites basculés chaque semaine. Ce qu’illustre Hélène Brisset en reprenant l’image utilisée par l’initiateur du RIE, Jérôme Filippini, ancien directeur interministériel des systèmes d'information et de communication de l'Etat (DISIC) : « Les travaux interministériels menés pour le RIE sont comparables aux expéditions polaires : complexes, dépendant des aléas, et s’appuyant sur les explorations précédentes. Notre objectif était d’aller le plus loin possible vers le pôle, tout en jalonnant le parcours de nouveaux camps de base. Nous sommes en train d’atteindre cette cible ».
 

Une mutualisation à plusieurs niveaux

Autre facteur de réussite du RIE : la recherche de mutualisations pertinentes. Au niveau du cœur de réseau, plutôt que de redéployer une infrastructure ex-nihilo, le RIE s’est appuyé sur les fibres optiques brutes de Renater, économisant ainsi 20 millions d’euros d’investissements. Et ce, tout en conservant son autonomie de fonctionnement et de gestion.

Dans les territoires, les équipes bénéficient également des vertus de la mutualisation. C’est en particulier le cas dans les cités administratives, lesquelles regroupent sur un même lieu les services de plusieurs ministères. Jusque-là, dans ces bâtiments, chaque ministère disposait de sa propre connexion. Aujourd’hui, les groupes d’accès unitaires ont laissé la place à un accès mutualisé au RIE, à plus haut débit et / ou moins cher. En moyenne, les gains économiques générés par le RIE représentent plus de 30 % du budget de fonctionnement annuel réseau des administrations de l’Etat.

 

Un mode de gouvernance exemplaire pour les projets du SI de l’Etat

Le RIE n’est pas seulement le socle physique du système d’information de l’Etat, devenu unique depuis le 1er août dernier. Il préfigure également le mode de gouvernance des applications et des projets constitutifs de ce SI : annuaires, messagerie unifiée, réseau social d’entreprise, rationalisation des datacenters, France Connect, Etat plateforme, tous reprennent ou reprendront d’une manière ou d’une autre le triptyque gagnant du RIE : collaboration interministérielle, agilité des déploiements, mutualisations.

 

© Photos kentoh ; Laurent Voillot

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