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Réseau interministériel de l’État : ses trois grandes missions
23.12.14
Réseau interministériel de l'État

Il y a un an, le cœur du réseau interministériel de l’Etat (RIE) était mis en service et le déploiement du premier périmètre ministériel venait d’être engagé. Depuis, 3 000 sites y ont été raccordés. L’occasion de revenir sur les principaux objectifs de ce nouveau réseau national : limiter les risques liés aux cyber-attaques, faciliter les échanges de données interministériels et mutualiser les infrastructures.

Le réseau interministériel de l’Etat (RIE) est un projet symbolique de la modernisation du système d’information (SI) de l’Etat. Opéré par le service à compétence nationale (SCN) RIE et rattaché à la DISIC, au sein du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), ce réseau national remplacera d’ici à 2017 les différents réseaux exploités par les 17 ministères. Au total, 17 000 sites sont concernés par cette bascule. 3 000 d’entre eux ont déjà été raccordés (voir encadré). Les gains de cette infrastructure partagée ? Une seule maintenance, une seule gestion de la sécurité et surtout un seul canal pour échanger des données entre ministères.
 

Vers un décloisonnement interministériel

Ce décloisonnement interministériel était très attendu, en particulier au sein de l’administration territoriale. Depuis 2010, celle-ci a été réorganisée autour de trois entités :

  • les directions départementales des territoires (DDT) qui regroupent les domaines de l’équipement et de l’agriculture ;
  • les directions départementales de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCS / DDPP) qui réunissent des périmètres aussi variés que la santé, la jeunesse et les sports, les services vétérinaires et les fraudes ;
  • enfin, les préfectures et les sous-préfectures.

 

Ces trois entités sont réparties sur trois réseaux différents : celui de l’agriculture et de l’écologie pour les directions départementales des territoires, celui de la santé pour les directions départementales de la cohésion sociale et de la protection des populations et celui de l’intérieur pour les préfectures. Entre ces trois univers, les communications sont difficiles et complexes. C’est précisément cet isolement que le RIE entend briser en facilitant la mise en œuvre d’applications mutualisées.
 

Faciliter le support informatique en région

A court terme, ce sont les processus de support informatique qui tireront le plus grand parti du RIE. A l’échelle départementale, le service interministériel départemental des systèmes d'information et de communication (SIDSIC) assure désormais seul la maintenance et l’assistance informatique des directions départementales et des préfectures. Intervenant auprès de trois réseaux informatiques différents, sa mission s’avère aujourd’hui particulièrement compliquée. Lorsque l’ensemble des sites sera raccordé, il pourra uniformiser leur support en généralisant par exemple les logiciels de prise en main à distance pour assister indifféremment les DDT, les DDCS / DDPP et les préfectures.
 

Vers une homogénéisation du parc informatique

La gestion de parc informatique profitera de la même dynamique. L’unicité du réseau favorisera la standardisation d’outils de distribution et d’installation à distance pour les applications, les patchs ou les antivirus. L’objectif est de rendre le parc informatique des directions départementales homogène.

Ces différentes perspectives sont d’ores et déjà réalisables puisque la quasi-totalité des directions départementales a été raccordée au RIE. Les préfectures devraient suivre le mouvement courant 2015.

L’administration centrale bénéficie également de cette logique de décloisonnement interministériel : le RIE remplace aujourd’hui Ader, le réseau qui interconnecte les réseaux ministériels existants pour l’échange de données ou l’utilisation de grandes applications partagées (notamment d’ordre budgétaire).
 

Limiter les risque d’attaques

L’autre vocation du RIE porte sur la sécurité des systèmes d’information. Il s’agit de contrer une cyber-menace de plus en plus prégnante. Aujourd’hui, chaque ministère gère à sa manière les interfaces qui ouvrent son réseau sur l’extérieur. En l’occurrence, sur internet et sur les réseaux de ses différents partenaires. Il existe ainsi autant de façons de gérer les risques et la sécurité que l’on compte de réseaux.

Le RIE offrira aux ministères un accès aux mêmes ressources mais via des interfaces uniques et supervisées par le SCN RIE, en collaboration avec l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Des interfaces bien moins nombreuses, jouissant d’une sécurité renforcée et par conséquent, offrant une meilleure protection face aux risques d’attaque.
 

La mutualisation du réseau, génératrice d’économies

Précisons enfin que le RIE génère des économies significatives. La mutualisation des infrastructures, l’exploitation et la supervision centralisée ainsi que la négociation de marchés à l’échelle nationale, feront chuter les coûts d’exploitation du réseau de 30 % en moyenne par ministère (à parc déployé homogène).

Générer des économies de fonctionnement à grande échelle, renforcer la sécurisation de l’informatique de l’Etat et favoriser le décloisonnement d’applications entre administrations : ces trois grands piliers du RIE font de ce dernier un élément d’infrastructure indispensable aux chantiers interministériels, actuels ou futurs (messagerie unifiée, rationalisation des datacenters, cloud d’Etat, etc.). En ce sens, il participe pleinement à la stratégie de transformation du SI de l’Etat.

 

RIE : 4 marchés pour raccorder 17 000 sites

  • Le premier, notifié en août 2013 à l’opérateur Orange, concerne les ministères de l’Agriculture, de la Culture, de l’Ecologie, de l’Intérieur, de la Santé et du Travail. D’ici la fin de l’année 2014, l’ensemble de ce périmètre sera raccordé au RIE, exception faite de l’Intérieur et du Travail dont le déploiement sera achevé courant 2015.
  • Le second marché, notifié en mars 2014 à l’opérateur SFR, concerne principalement les 3 300 sites de la direction générale des Finances publiques (DGFiP), ainsi que ceux de l’INSEE et de l’Administration centrale (SEP). Fin de déploiement : juin 2015.
  • Le troisième marché, notifié en novembre 2014, porte sur les 4 200 sites de la Gendarmerie nationale, pour un déploiement courant 2015.
  • Les quatrième et cinquième marchés seront lancés en 2015 pour les 1 600 sites du ministère de la Justice et les douanes.

 

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