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L'administration change avec le numérique

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« L’État plateforme donnera naissance à de nouveaux services publics numériques »
17.09.15

Reprenant les principes d’architecture et les standards du web, cette stratégie du SI de l’Etat entend faciliter la circulation des données entre les administrations. Objectif : favoriser l’émergence de services « tout-en-un », simplifiant les démarches des usagers. Le hackathon Etat plateforme organisé mi-juin par la DSI de l’Etat a donné le coup d’envoi symbolique de cette stratégie.

Jacques Marzin, Directeur de la DISIC.Par Jacques Marzin, directeur interministériel des systèmes d’information et de communication, au sein du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP).

Les 18 et 19 juin 2015, la direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic), la DSI de l’Etat, a organisé un hackathon autour de l’Etat plateforme. Différentes administrations ont mis des jeux de données à disposition des développeurs, chefs de projets et responsables métiers (la plupart issus de la sphère publique), pour concevoir des services publics numériques autrement. Cet événement a donné symboliquement corps à l’Etat plateforme. Le principe de cette stratégie ? Faciliter la circulation des données de l’usager entre les différents organismes publics, pour lui rendre au final un service plus simple, « tout-en-un » et « sans couture ». L’usager n’aura plus à demander à une administration des justificatifs sur sa situation pour les transmettre à une autre administration, dans le cadre d’une démarche : les administrations s’échangeront entre elles les seules données utiles au service demandé, en toute sécurité, transparence et fluidité pour l’usager. Ainsi, l’Etat plateforme fournira l’infrastructure nécessaire au programme Dites-le-nous une fois.

Le temps où un ministère assurait seul un service de bout en bout est révolu. Vous le constatez par exemple lorsque vous recevez votre déclaration de revenus pré-remplie. La direction générale des Finances publiques (DGFiP) collecte pour vous des informations auprès de votre employeur ou de votre banque. Aujourd’hui, nous devons aller plus loin encore dans le décloisonnement informatique de l’organisation ministérielle. Pour cela, nous reprenons les principes d’architecture des géants du web, tout en nous inspirant des chantiers de transformation numérique menés par d’autres Etats, et en nous appuyant sur le savoir-faire des informaticiens de l’Etat.
 

Un système d’authentification unique

La première pierre de l’Etat plateforme est France Connect. A l’instar de Facebook Connect ou de Google+ Sign-In, France Connect est un système d’identification et d’authentification unique qui fédérera les différents comptes que chacun a pu se créer auprès des administrations et de ses partenaires. Avec lui, l’utilisateur n’aura plus à jongler avec autant d’identifiants et de mots de passe qu’il sollicite d’organismes publics.

France Connect agira également comme tiers de confiance lors des échanges de données entre administrations. Si l’usager donne son consentement, France Connect renverra une « clef » au service auprès duquel il entreprend sa démarche. Grâce à cette clef très temporaire, ce service récupèrera auprès des différentes administrations les pièces nécessaires à la constitution de son dossier : quotient familial, justificatif de domicile, etc.

En garantissant cette chaîne de confiance, France Connect rendra possible la construction de services numériques tout-en-un. Reste désormais aux administrations à les développer. Le hackathon de juin 2015 a donné le coup d’envoi à cette démarche.
 

Faciliter la vie des usagers

Les premiers comptes que l’usager pourra fédérer seront ceux des impôts, de la Poste et d’Ameli (Sécurité sociale). Quant aux premiers services en ligne accessibles via France Connect, ils seront proposés par le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, la Ville de Nîmes et service-public.fr. Le déploiement généralisé de France Connect aura lieu à partir de 2016.
A noter que de nombreux acteurs de la sphère privée pourront eux aussi intégrer France Connect sur leur site, dans un premier temps pour bénéficier de son mécanisme d’authentification universel, dans un second temps pour accéder à certaines informations dématérialisées en provenance directe de l’administration concernée. Les clients d’une banque en ligne qui aurait besoin d’informations fiscales pour instruire une demande de prêt, ou d’un opérateur téléphonique qui exige une pièce d’identité pour ouvrir une ligne, pourraient ainsi bénéficier d’une simplification de leurs démarches. Il leur suffirait d’autoriser la société à récupérer ces données.

Si l’Etat plateforme vise en premier lieu à simplifier la vie administrative des usagers, il présente également des vertus internes pour l’administration, en l’occurrence pour le système d’information de l’Etat. Aujourd’hui, ce dernier est constitué de la somme de SI ministériels certes interconnectés, mais qui restent hétérogènes en termes d’infrastructure et d’architecture logicielle. Au cœur de l’Etat plateforme, le principe d’ouverture d’API standardisées, le respect de règles d’interopérabilité ou le concept de services et de composants réutilisables devraient aider à mieux maîtriser cette diversité technologique, dans la logique d’un SI de l’Etat unifié.

 

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