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L'action publique se transforme

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Les défis de l'ouverture des données publiques : entretien avec Henri Verdier
15.02.13

Henri Verdier est à la tête de la mission Etalab depuis janvier. Au sein du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, Etalab coordonne l’action des services de l’Etat et de ses établissements publics pour faciliter la réutilisation la plus large possible de leurs informations publiques. Henri Verdier revient ici sur sa mission et nous présente les projets et défis à venir.

Vous dirigez depuis janvier la mission Etalab au sein du SGMAP. Pouvez-vous nous présenter votre structure ?
 
Rattaché au Secrétariat général pour la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP), placé sous l’autorité du Premier Ministre, Etalab est la mission chargée de l’ouverture des données publiques françaises (politique de données ouvertes / Open data).
Etalab coordonne le travail des administrations pour permettre la mise en ligne et la réutilisation libre, facile et gratuite la plus large possible des données publiques produites par l'administration. Elle opère la plateforme nationale www.data.gouv.fr et apporte son appui aux autres entités dotées d'une mission de service public qui souhaitent participer à ce mouvement.  
 
Comment vous situez-vous au sein de la modernisation de l'action publique ?
 
L’ouverture des données publiques est un mouvement mondial qui est bien souvent un très fort levier de modernisation. Il permet de fonder de nouvelles relations avec les citoyens, basées sur la confiance et la coopération. Il permet de simplifier le fonctionnement des administrations, et souvent de stimuler l’économie.
En rattachant Etalab au SGMAP, le gouvernement a regroupé la DISIC - DSI de l’Etat - la DIMAP et Etalab permettant ainsi de réunir ensemble tous les services qui œuvrent pour la modernisation de l’action publique. 
 
Où en est la politique d'ouverture des données publiques ?
 
L’ouverture des données publiques a une longue histoire : loi CADA de 1978, décisions du gouvernement Jospin de libérer des «données publiques essentielles», directive européenne «public sector information» (PSI) de 2003 transposée en droit français en 2005,  engagement des collectivités locales à partir de 2008, création de la mission Etalab  en 2011 ou Cimap du 18 décembre 2012.
Première étape nécessaire, Etalab a réussi ce qui a permis de construire une solution technique permettant d’héberger plus de 350 000 jeux données publiques avec la mise en place de la plateforme www.data.gouv.fr, de bâtir un processus pour mettre en ligne ces données, et de constituer un réseau de correspondants open data dans l’administration notamment. Nous démarrons maintenant la seconde étape de l’histoire d’Etalab. L’objectif du SGMAP est de faire évoluer le contenu même des politiques publiques grâce aux données, et de mettre plus de données publiques à disposition, dans une optique de qualité des données, afin de susciter des réutilisations toujours plus nombreuses.
 

Quelle est votre méthode pour convaincre les administrations d'ouvrir leurs données ?
 
Vous venez en fait d’employer le mot qui résume notre méthode : la conviction. Les correspondants open data du service public se sont mobilisés de façon remarquable en deux ans, au-delà de leurs responsabilités déjà engagées. En plus de leur mission, certains d’entre eux ont volontairement pris en charge le sujet Open data pour le faire avancer dans leurs administrations. Lorsqu’on a la chance d’avoir des agents du service public qui se mobilisent sur un sujet majeur de modernisation de l’action publique, il semble logique de poursuivre l’engagement des administrations avec la conviction qui est la nôtre.
Les administrations ont globalement compris qu’elles avaient beaucoup à gagner en contribuant à l’ouverture de leurs données publiques : l’open data c’est avant tout un outil formidable pour faire travailler les administrations ensemble, c’est aussi un formidable outil de valorisation du travail des agents publics, qui permet en transparence, d’entrevoir la réalité du travail de l’administration. L’open data c’est du gagnant gagnant pour les administrations. 
 
Quels sont vos principaux défis, projets pour l'année 2013 ?
 
Le Comité interministériel pour la modernisation de l’action publique du 18 décembre 2012 a déjà fixé à Etalab deux importantes missions :
• organiser une évaluation des redevances existantes ;
• organiser un débat ouvert sur les applications de l’ouverture des données publiques à 6 secteurs prioritaires (santé, transport, environnement, logement, éducation, lisibilité des politiques publiques).
Au-delà de ces priorités, je peux d’ores et déjà vous annoncer notre ambition de mettre à disposition de nouveaux jeux de données publiques, de travailler à la transformation des politiques publiques grâce aux données publiques, et de nous rapprocher des collectivités locales et du monde de la recherche.

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